A cinq heures d’ici

A cinq heures d’ici, il y a une autre vie. Plein d’autres vies. Elles sont pleines, elles respirent à plein poumon, avec lenteur, sourire et délectation. Ceux qui les vivent – ces vies -, ils prennent le temps, ils écoutent, ils regardent, entre eux ils communient. Ils s’attablent, mangent les légumes du jardin, se regardent en riant. L’amour se porte comme un parfum et chaque recoin s’en imprègne. Les fauteuils s’alignent et dedans chacun s’affale affublé d’un journal, d’un magazine. Entre silence et commentaires, débats et débris de conversations, les coussins s’enfoncent sous le poids du sommeil qui gagne. Le soleil a brillé, puis s’est caché après avoir passé le relai aux étoiles qui sont venues manifester en masse. Pas un coin de ciel n’a été épargné et elles sont là, elles ne bougent pas. Elles ont vraisemblablement quelque chose à dire. De l’ordre d’une déclaration sensorielle, une marche silencieuse, un regard qui scrute, qui ne dévie pas.

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