Tu peux sortir maintenant
Une vie pour une autre. Chassé-croisé avec un semblant de bavure dans l’aiguillage. La coordination s’est mal faite. La correspondance ne s’effectuera. Et toi petit bout, tu arriveras avec un train de retard. Pas que tu aies manqué ta station, mais clairement tu as pris ton temps. Et elle, et bien il faut croire qu’elle avait un train à prendre …
Protège-moi, pas
Toi tu as pris l’avion. Tu as paniqué et a été le seul à monter la voir. Tu as sauté dans le premier vol. Tu as réalisé que c’était peut-être la dernière fois et tu as craqué. Tu as pleuré de tes yeux magnifiques. Elle t’a regardé et de cette sagesse sans peur réconforté. Elle t’a renvoyé à ta propre …
Cian
Il porte le nom de la couleur. Celle du ciel vu d’avion, celle de ses yeux, celle de son short ridicule trempé qui pend sur l’arrière. Une peinture pâle et mouchetée sur laquelle la lumière a été aspirée, retournée et se reflète à présent attrapant avec elle tous les regards. Une ouverture dans le ciel au dessus d’un champ de …
Kouign-amann
“Pourquoi vous rigolez ? Parce que vous écoutez votre corps ?” Nous nous dévisageons. Lui dans son costume trois pièces de serveur d’hôtel, moi dans ma pâtisserie noyée de caramel.
Sous le regard de l’autre
Sur la pointe des pieds, il parle au travers les barreaux d’une fenêtre du rez-de-chaussée de laquelle sort une main et une ceinture dont il s’empare. Il est mince et clairement en a besoin pour tenir son jean. Ses cheveux noirs luisent et dégoulinent encore, ondulant de chaque côté de son visage. Sorti de la douche en courant, il a sauté …
Jo
Jo, Où que tu sois, sois libre, plus belle et radieuse que jamais. Merci pour cette voix qui nous habite et nous fais vibrer, ce sourire inoubliable et ces yeux qui pétillent, cette harmonie que tu nous as tant de fois donnée. Merci pour cet éclat de magie que tu as toujours éveillé en nous, cette douceur dont ta …
Involontaire
Par interpositions temporelles, s’attendre sans se comprendre. Dans l’écran il se fige. Sans gesticuler, sans grimacer, une seconde s’écoule; dedans un sourire, dans le regard, une expression nouvelle. L’arrêt sur image est toujours involontaire.
Papillon
Le papillon dans son dos, fragile force de la nature, un ange aux ailes atrophiées. Il est beau comme un souhait murmuré tout bas, les yeux dans yeux. L’envolée se fait attendre. L’insoutenable impatience. Combien de temps cela prendra t’il à sa chrysalide pour enfin muer ? Va-t-il s’élever un jour ce regard au loin posé ?
Quelqu’un qui compte
Perdre la notion du temps, des heures, du jour ou bien du soir. Se forme une attente qui avance à une vitesse qui se lit sur écran. Dans un sens, le temps qui se remonte, et à chaque bout quelqu’un qui compte.
Franco
Frank a cette façon italienne de dire au monde qu’il n’en a rien à foutre. C’est son antre « two ants », son café, son quinze mètres carrés qui contient tout le quartier. Une version moderne du sac de Mary Poppins. On s’y entasse, on attend debout ou accoudé aux fenêtres, 20 minutes s’il le faut. Devant l’entrée, quelqu’un a gravé dans …
